Le petit vent qui monte de la mer est frais
Quelques fleurs d’hiver s’ouvrent, timides
Les oranges, douces ou amères, sont reines
Les citrons sont nombreux et biscornus
Les jours rallongent, c’est le début de l’année
Les jours vont vers l’été
Les deux grands chênes qui s’entremêlent,
Au fond du jardin, sont tranquilles
Ils jouent avec le vent
De la crise, ils s’en contre fichent
Ils ont connus la guerre, les bombes,
Les tempêtes, la chaleur et le manque d’eau
Ils ont connus, mon grand-père et ma grand-mère
Mes parents et leurs enfants et les enfants
De leurs enfants et ainsi de suite
Ils vivent lentement comme de vieux sages
Dans l’illumination de l’instant
Ils seront là, quand nous n’y serons plus
Les deux grands chênes qui s’entremêlent
Le petit vent qui monte de la mer est frais
Comme les mouettes dans le ciel changeant
Mes pensées vagabondent et planent
Elles vont du bonheur à l’anxiété
Je ne cherche pas à les arrêter
Qu’elles aillent où elles veulent
Je me suis assis à coté des chênes
Je m’écoute être vivant
Et cela me réconforte
Merveilleusement